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Le boisé dans les vins





Si vous êtes comme nous, vous ne recherchez pas particulièrement à boire des vins boisés, mais vous savez les apprécier à leur juste valeur quand ils sont bien faits. Avec le bois, le vin prend une autre dimension, une richesse qui s’explique par la conjonction de plusieurs facteurs. Et pour cela, pas besoin d’aller chercher les grands châteaux bordelais, ou les grands domaines bourguignons : l’art du bois dans les vins est maîtrisé par un large éventail de vignerons.


Quand on parle de boisé, ou d’arômes boisés, on décrit la présence dans le vin de composés aromatiques libérés par la barrique, et non par le raisin. Une barrique, avant de contenir du vin, a vu la face intérieure de ses douelles (les planches qui constituent son corps) passer au feu. On parle de «chauffe» de barrique, qui peut aller de légère à forte en règle générale. Chaque type de chauffe va apporter des arômes différents au vin lors de l’élevage. La chauffe légère se caractérise par des notes fumées, et conserve aussi l’arôme du chêne frais. La chauffe forte est synonyme d’arômes de caramel ou de café. Les chauffes moyennes vont apporter des notes de noix de coco, de chocolat, et de grillé. La chauffe amène souvent une certaine sucrosité dans les vins, donc l’impression de sucre, de richesse, sans sucre ajouté dans le vin bien sûr ! Le bois apporte aussi ses propres tanins, en quantité limitée certes, mais ils sont tout de même présents.


Les profils de chauffe vont convenir plus ou moins bien au style de vin, et les vignerons choisissent avec soin leur fabricant, leur chauffe, et les proportions dans lesquelles utiliser ce contenant qui peut marquer fortement le vin, surtout lorsque le bois est dit neuf. Les vignerons ont plutôt tendance, selon les régions, à utiliser des barriques de plusieurs vins, pour lesquelles l’apport aromatique est donc plus ménagé. On peut aussi travailler avec de plus gros contenants, car plus de volume amène à un marquage plus modéré. C’est le cas par exemple des vins alsaciens dont l’élevage se fait souvent dans des foudres.


Enfin, il faut noter qu’une barrique réutilisée sur plusieurs vins est toujours très intéressante pour le vigneron : le bois est un matériau perméable à l’air, et c’est ce contact avec l’oxygène qui est primordial pour réaliser un élevage réussi. C’est un atout conséquent du bois, et qui est souvent plus recherché que les arômes boisés : le vin évolue vers sa structure aromatique «naturelle», sans être en quelque sorte habillé de ces arômes extérieurs. Le bois permet aussi, avec le temps, d’arrondir les tanins parfois intenses des vins qu’on vise à élever en fût. Pour les vins qui sont très boisés, la garde est un excellent remède contre la présence trop appuyée du bois au palais. Avec un peu de patience, l’équilibre se fera naturellement en bouteille entre bois et vin, pour une dégustation sublime !




A très bientôt,

Christophe.


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