top of page

LE PONEY : DANS LA VIGNE OUI, DANS LE VIN… NON ?



Si vous êtes encore là après avoir lu ce titre, c'est certainement que votre curiosité l'aura emporté, que vous n'avez aucune idée de ce que je veux dire par là, ou bien qu'au contraire, vous savez EXACTEMENT ce que je vais vous raconter. Quoi qu'il en soit, plongez donc avec moi dans l'exploration du poney et de son impact sur la viticulture, la vinification et les propriétés organoleptiques du vin !


Pour commencer, non, je ne parle pas stricto sensu de poney, mais bien de cheval. Dans la vigne, certains viticulteurs allergiques à la mécanisation systématique du travail utilisent encore les fiers canassons pour l'entretien de leur vignoble. C'est leur principal rôle à la vigne, comme animaux de trait pour différents outils servant principalement à travailler le sol. On vient retourner le sol à l'aide d'une charrue, afin de l'ouvrir, de l'aérer, d'enfouir l'enherbement, de permettre une meilleure pénétration des pluies (surtout si elles se font rares), et on évite également le passage d'engins lourds dans les vignes. Ceux-ci vont créer un tassement du sol, sur le long terme, qui va impacter grandement la qualité du terroir, notamment en limitant l'exploration racinaire et le remplissage des réserves hydriques.


Le cheval est aussi un outil, pardon, un compagnon idéal pour rentrer des les vignes étroites, pentues, ou d'âge avancé. Si l'opérateur guidant le cheval sait ce qu'il fait, on évite ainsi d'arracher des plants centenaires, en travaillant beaucoup plus durement et longuement certes, mais aussi plus précisément.  Et c'est sans compter l'aspect bucolique, attractif du fier animal arpentant les vignes. Pour avoir travaillé aux côtés de vignerons utilisant cette méthode, se tenir au sommet d'une parcelle centenaire fraîchement travaillée, en filant une pomme à un cheval éreinté mais heureux, c'est tout de même autre chose que le tracteur climatisé.


Mais venons-en maintenant au fameux poney dans le vin. J'entends déjà les cris des connaisseurs, des œnologues en herbe, qui sortent les fourches pour chasser de leur palais les fameux composés aromatiques créés par la levure Brettanomyces. Une levure considérée comme indésirable mais toujours présente dans le vin, qui ne développent ses arômes... équins que dans des conditions particulières, comme un chai mal entretenu, des sucres résiduels, une présence de précurseur élevée dans le vin, un sulfitage insuffisant ou mal géré. Les raisons sont multiples, parfois nébuleuses, mais qu'importe. Ce qui compte, c'est surtout leur niveau dans le vin, leur concentration. Son expression dans le vin est le plus souvent totalement en dessous du seuil de perception de nos sens. Et comme une grande partie des discussions autour de l'appréciation du vin, la façon dont on accueille ses notes particulières est extrêmement subjective.

 

Et voici mon avis personnel : j'aime le poney dans les vins lorsqu'il est subtil. Ce que certains vignerons appellent avec affection la "brett' noble" fait partie du panel aromatique que j'apprécie sur les vins rouges de caractère, et il est plus que probable que ces senteurs ne soient même pas dues à Brettanomyces. Cette senteur particulière, qui peut osciller entre l'écurie, le cuir chaud, le musc animal, le camphre et la fumée, n'est pas sans rappeler que le vin est un produit issu de la terre avant tout, un poison doux, recherché et subtil que le vigneron extirpe à la sueur de son front de son berceau primordial qu'est la Nature.


Poney ou pas poney, le meilleur vin reste celui que vous aimez. Nous ne sommes que l'interface entre le vigneron, la nature et votre table, et nous nous efforçons de vous proposer sans cesse des vins qui créent l'émotion, positive de préférence ! Alors n'attendez pas et venez vous aussi mettre le nez dans nos canons, typiques et atypiques, car la Cave de César regorge de pépites pour tous les goûts !



A bientôt,

Christophe

Posts récents

Voir tout

Comments


bottom of page